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La maison Zervos
© Association "Fondation Christian et Yvonne ZERVOS"
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Les invités

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Christian Zervos et Pablo Picasso
(fin des années 60)

© Association "Fondation Christian et Yvonne ZERVOS"
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Les hôtes de la Goulotte

Parmi les centaines de collaborateurs et d’artistes qui gravitèrent autour des Cahiers d’art, beaucoup fréquentèrent l’appartement des Zervos, rue du Bac à Paris. Quelques privilégiés de l’entourage de Picasso et de René Char furent aussi leurs invités à La Goulotte. Voici quelques uns de ces hôtes, dont le séjour est explicitement attesté par des photographies, des lettres, des dédicaces ou des cartes postales.

Pablo Picasso (Malaga, 1881, Mougins, 1973)

Celui qui dressa cette ironique équation: "Soupe aux choux = Zervos, Chaux vive = Yvonne son épouse, Vif argent = Eluard", fut l’hôte princier de La Goulotte. Au volant de son Hispano-Suiza, il s’y rendit notamment durant l’été 1938, où il écrivit quelques poèmes publiés dans Cahiers d’art. Pour Zervos qui l’a fréquenté à partir des années 20, il fut celui en qui "tous les efforts de la peinture contemporaine se rencontrent, s’annulent et se transforment".
(Cf. Cahiers d’art, 1926)

Paul Eluard (Saint-Denis, 1895, Charenton-le-Pont, 1952)

En janvier 1942, Paul et Nush Eluard fuient Paris où ils se cachaient chez les Zervos, rue du Bac, et rejoignent Vézelay. Le poète rencontra aussi Romain Rolland avant de passer en zone Sud. Dans le recueil Livre Ouvert II publié la même année par Zervos, Blason d’arbres est dédié à Yvonne. Avec René Char, il fut de 1932 à 1947 le poète le plus présent dans la revue.

René Char (L’Isle-sur-la-Sorgue, 1907 - Paris, 1988)

"La Soif hospitalière. Qui l'entendit jamais se plaindre ? Nulle autre qu'elle n'aurait pu boire sans mourir les quarante fatigues, attendre, loin devant, ceux qui viendront après /.../" chanta le poète à l’adresse d’Yvonne, qu’il aima. Très présent dans les Cahiers d’art dès 1937, c’est par son entremise que Zervos rencontra Jean Vilar. Promoteurs de la décentralisation culturelle, ils suscitèrent ce qui allait devenir le festival d’Avignon. A partir de 1948, le poète entretint des "conversations souveraines" avec les artistes qui enluminèrent une série de manuscrits dédiés à Yvonne.

Fernand Léger (Argentan, 1881 - Gif-sur-Yvette, 1955)

Proche aussi de Badovici pour qui il exécuta une peinture murale rue de l'Argenterie (aujourd’hui exposée au musée Zervos), le peintre cubiste fut exemplaire de ces artistes qui "à la place de l’extrême subjectivité" ont établi "l’objectivité totale". (Cf. Cahiers d’art, 1956-1957). On doit à sa compagne Simone Hermann quelques photographies prises à La Goulotte, dont un portrait des Zervos, faisant apparaître un arpent de vignes, côté est de la maison.

Mary (ou Meric) Callery (New-York, 1903 - Paris, 1977)

Epouse de l’industriel et mécène milanais Carlo Frua de Angeli, l’artiste américaine, fille de banquier, constitua une belle collection d’art, exposée aujourd’hui au Museum of New-York. Sous l’influence de Léger et de Picasso, qui lui fit rencontrer Zervos, sa sculpture évolua vers l’expressionnisme abstrait. Les Cahiers d’art lui consacrèrent un long article laudateur, puis Yvonne une exposition dans sa galerie MAI. Six de ses oeuvres, sculptures, une gravure et une sérigraphie, font partie de la collection Zervos.

Luis Fernandez (Oviedo, 1900 - Paris, 1973)

Peintre, graveur et sculpteur, l’artiste collabora surtout à la revue Abstraction-Création mais intervint aussi dans Cahiers d’art. Intime de Picasso et de Char dont il enlumina certains manuscrits, une gravure sur bois représentant La Goulotte témoigne d’un séjour à Vézelay et de son amitié pour les Zervos.

César Domela-Nieuwenhuis dit Domela (Amsterdam, 1900 - Paris, 1992)

Dans l’orbite du groupe Novembre et de la communauté d’Ascona, Domela s’installa à Berlin avant de s’exiler en France en 1933 où il retrouva Zervos, rencontré quelques années auparavant. Multipliant ses recherches sur les matériaux, entre autres le plexiglas, l’avant-gardiste est surtout connu pour des tableaux abstraits en reliefs. Ses innovations lui valurent une quinzaine de références dans les Cahiers dont il conçu même une des couvertures. Zervos lui consacra une étude éditée en 1965 à Amsterdam. Ses séjours à La Goulotte remontent à cette période.

Boyan Raïnov, dit Boyan (Sofia, 1921 - Paris, 2005)

Révélé par Zervos, l’artiste d’origine bulgare fut l’un des derniers hôtes de La Goulotte, où il sculpta sur pierre. Chauffeur attitré de Zervos, il participait même aux vendanges chez Rousseau, fermier du hameau. "Voici un jeune artiste soucieux de montrer dans sa complexité le montage de cette difficile opération qu’est la sculpture", ainsi était-il présenté dans le dernier n° des Cahiers d’art. Il enlumina Les Compagnons dans le jardin pour René Char qui lui consacra le poème Boyan sculpteur. La ville de Chaville (92) où il résida le fit citoyen d’honneur et, en 2003, inaugura un square à son nom orné de quelques unes de ses oeuvres. Deux paysages peints par son épouse Fay Vidal, font partis du legs.

Pierre Charbonnier (Vienne (Isère), 1897 - Paris, 1978)

Une aquarelle représentant une fenêtre ouverte, dédicacée à "Yvonne Zervos, en souvenir de Vézelay", atteste du séjour du peintre à La Goulotte. Décorateur de cinéma, notamment pour le projet de long métrage Le Soleil des eaux, de René Char, le peintre travailla aussi avec Jean Aurenche, proche du groupe théâtral Octobre, et surtout avec le cinéaste Robert Bresson. Zervos l’avait aussi remarqué pour son art qui "se refuse de se laisser enfermer dans la non-figuration". Il l’exposa plusieurs fois de 1956 à 1963.
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Boyan sculptant à La Goulotte (début 60)
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